Quand la rumeur nie le féminin
Quand la rumeur affirme qu’une femme n’en est pas une.
Quand le corps féminin devient le lieu du soupçon, l’objet d’une vérification.
Quand une femme en vient à devoir prouver scientifiquement qu’elle est une femme.
Quand la parole symbolique s’effondre.
Quand le délire paranoïaque exige des preuves,
ce n’est pas qu’une femme qu’on déshabille sous les hashtags ; c’est le féminin.
Le féminin comme ce qui excède, ce qui échappe à la maîtrise.
Le lieu de l’inassimilable, de la jouissance autre.
Le lieu du manque, du non-tout, de l’incomplétude.
Ce n’est pas une femme qu’on déshabille sous les hashtags,
c’est le déni de la castration qui est mis à nu.
Le voile voile,
la rumeur dévoile la béance qu’elle refuse de voir.
Un même mécanisme symbolique :
le rapport intolérable au féminin comme lieu du manque.

